L’anémie infectieuse des équidés : un dépistage à ne pas négliger !
L’Anémie Infectieuse des Équidés (AIE) est une maladie virale, causée par un virus de la famille des Retroviridae, genre Lentivirus, auquel appartient aussi le VIH. Chez l’animal infecté, le virus persiste à vie, il devient alors un réservoir du virus et une source de contamination potentielle pour les autres équidés.
Que savons-nous ?
Le virus de l’AIE est transmis principalement de façon mécanique, par des insectes hématophages (tels que les taons et stomoxes). Des contaminations peuvent aussi survenir lors de transferts de sang ou de plasma contaminé, ou via l’utilisation de matériel contaminé (seringues, aiguilles, matériel de dentisterie, etc…). La jument infectée peut également transmettre le virus à son fœtus in utero.
La maladie se caractérise par une fièvre intermittente, une baisse du nombre de plaquettes (thrombocytopénie), une anémie, une perte de poids rapide et de l’oedème dans les parties basses du corps. Cependant, de nombreux cas restent cliniquement asymptomatiques. Si l’animal survit à la phase aiguë de l’infection, un état chronique s’installe et l’infection tend à passer inaperçue.
L’équidé infecté reste porteur à vie du virus qu’il peut excréter de manière intermittente et récurrente, sans toutefois présenter de signes cliniques. Il devient donc le véritable réservoir du virus et une source de contamination pour les autres équidés. Il n’existe aucun traitement curatif ni préventif permettant d’éliminer le virus de l’organisme d’un animal contaminé.
Dépistage
Le diagnostic clinique étant peu spécifique, le recours au Test de Coggins (norme NF U47-002) est indispensable. Pour cela, il suffit d’envoyer du sang prélevé sur un tube sec à un laboratoire agréé par le ministère en charge de l’agriculture. Une recherche d’anticorps anti-AIE sera réalisée et le résultat sera disponible sous 24 à 48 h.
« L’AIE étant un vice rédhibitoire, son dépistage par sérologie (test de Coggins) est indispensable lors de toute vente. »
Situation épidémiologique
En France :
La prévalence en France a fortement chuté depuis les années 1980 mais des cas sporadiques ou groupés sont encore régulièrement recensés. Depuis 2005, 95 équidés ont été déclarés positifs vis-à-vis de l’AIE dans 39 structures principalement réparties dans le Sud de la France. Ces données montrent que le virus circule encore à bas bruit et qu’il faut rester vigilant pour éviter la réémergence de la maladie.
Dans le monde :
L’AIE est présente sur les cinq continents et de nouveaux cas sont déclarés en Europe tous les ans. Les données publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA) donnent une estimation du nombre de cas recensés dans le monde chaque année. Toutefois, ce chiffre est sous-estimé car certains pays ne transmettent pas leurs données à l’OMSA (par exemple, aucun pays africain n’a remonté d’informations).
Sensibilisation et prévention
L’AIE est une maladie réglementée au niveau international. Tous les pays membres de l’OMSA doivent surveiller sa présence et appliquer des mesures pour limiter sa propagation. Ces mesures varient selon la réglementation propre à chaque pays.
Ainsi, en Europe, certains États n’euthanasient pas systématiquement les équidés positifs, ils privilégient l’isolement strict ou des sanctuaires pour les accueillir. Dans ces pays, le nombre de foyers d’AIE est en constante augmentation.
La France a choisi l’euthanasie systématique des équidés infectés, avec restrictions de mouvements, par arrêté ministériel du 23 septembre 1992.
En l’absence de moyen de lutte préventif (comme un vaccin) ou curatif, l’euthanasie reste à ce jour le seul moyen réellement efficace pour contenir le virus, limiter la diffusion de la maladie et protéger les populations équines saines.
« Demander un dépistage, c’est s’engager activement dans la lutte contre la propagation de l’AIE et garantir un environnement sain pour l’ensemble de la filière équine. »
Normandie Équine Vallée (Goustranville & Saint-Contest)
Expertise scientifique : Delphine FROGER (Anses) et Anthony MADELINE (Anses)
Vulgarisation : Orianne CHOLET (Normandie Équine Vallée).
Partenaires scientifiques :