L’anémie infectieuse des équidés : un dépistage à ne pas négliger !

Grands strongles : le retour d’un parasite qu’on croyait disparu

Dans un grand centre équestre en Bretagne, la mort d’un équidé a révélé le retour inattendu des grands strongles, des parasites que l’on pensait presque disparus. Comment évaluer la présence de ces parasites au sein de sa structure ? Comment éviter leur réapparition ?

Lorsqu’une mutation survient dans un gène (insertion, délétion ou substitution d’un nucléotide dans la séquence d’ADN), elle peut entraîner la synthèse d’une protéine altérée à l’origine de dysfonctionnements ou de maladies.

 

Lorsqu’une telle mutation est responsable d’une maladie et qu’un seul gène est impliqué, on parle de maladie monogénique.

 

Si l’individu porteur de cette mutation est destiné à la reproduction, celle-ci peut être transmise à sa descendance. L’apparition de la maladie dépend alors du mode de transmission de la mutation. On parle :

🔹d’allèle dominant, lorsqu’une seule copie mutée suffit pour provoquer la maladie ;
🔹d’allèle récessif, lorsqu’il faut deux copies mutées (une héritée de chaque parent) pour que la maladie se développe ;
🔹ou d’allèle semi-dominant, lorsqu’une seule copie mutée entraîne une forme modérée de la maladie et deux copies mutées à une forme plus sévère.

 

Grâce aux progrès de la génomique, de plus en plus de maladies génétiques sont dépistées chez les chevaux. Plusieurs laboratoires, dont LABÉO sur le site de Normandie Équine Vallée à Saint-Contest, proposent aujourd’hui des tests génétiques permettant de dépister une trentaine de maladies monogéniques et de déterminer certains motifs et couleurs de robe.

 

Véritables outils d’aide à l’élevage, ces tests permettent de raisonner les croisements afin de limiter la transmission de mutations responsables de maladies génétiques et d’éviter la naissance de poulains atteints ou non viables. Quelques exemples de tests sont présentés ci-après.

« Le fonctionnement d’un être vivant résulte de l’expression et de la régulation d’un patrimoine génétique qui lui est propre. »

Le cheval possède 32 paires de chromosomes (contre 23 paires chez l’humain). Ces 64 chromosomes portent les gènes, séquences d’ADN codant les informations nécessaires au développement et au fonctionnement de l’organisme.

 

Lorsqu’un gène est exprimé, son information est transcrite en ARN, puis traduite en protéines, lesquelles participent à l’ensemble des processus biologiques de l’organisme.

Le saviez-vous ?

Chez le cheval, le premier génome complet a été séquencé en 2009 à partir d’un échantillon de sang de la jument Twilight, de race Pur-Sang. Il a permis d’identifier des milliers de polymorphismes génétiques et des gènes liés à la santé et à la performance.

Dépister les maladies génétiques monogéniques

Lorsqu’une mutation survient dans un gène (insertion, délétion ou substitution d’un nucléotide dans la séquence d’ADN), elle peut entraîner la synthèse d’une protéine altérée à l’origine de dysfonctionnements ou de maladies.

 

Lorsqu’une telle mutation est responsable d’une maladie et qu’un seul gène est impliqué, on parle de maladie monogénique.

 

Si l’individu porteur de cette mutation est destiné à la reproduction, celle-ci peut être transmise à sa descendance. L’apparition de la maladie dépend alors du mode de transmission de la mutation. On parle :
• d’allèle dominant, lorsqu’une seule copie mutée suffit pour provoquer la maladie ;
• d’allèle récessif, lorsqu’il faut deux copies mutées (une héritée de chaque parent) pour que la maladie se développe ;
• ou d’allèle semi-dominant, lorsqu’une seule copie mutée entraîne une forme modérée de la maladie et deux copies mutées à une forme plus sévère.

 

Grâce aux progrès de la génomique, de plus en plus de maladies génétiques sont dépistées chez les chevaux. Plusieurs laboratoires, dont LABÉO, proposent aujourd’hui des tests génétiques permettant de dépister une trentaine de maladies monogéniques et de déterminer certains motifs et couleurs de robe.

 

Véritables outils d’aide à l’élevage, ces tests permettent de raisonner les croisements afin de limiter la transmission de mutations responsables de maladies génétiques et d’éviter la naissance de poulains atteints ou non viables. Quelques exemples de tests sont présentés ci-après.

Décoder la transmission de certaines maladies

Tous les chevaux ne présentent pas la même sensibilité face aux maladies infectieuses, qu’elles soient causées par des virus, des bactéries ou des parasites. L’identification et la compréhension de ces différences sont essentielles pour conduire au développement de meilleurs vaccins et traitements thérapeutiques.

 

Chez le cheval, le lien entre sensibilité aux maladies infectieuses et génome a été particulièrement étudié dans le cas de l’Artérite Virale Équine (AVE). Après avoir infecté un équidé, le virus de l’AVE est, dans la majorité des cas, éliminé en 28 jours. Toutefois, il peut persister dans l’appareil reproducteur des étalons et être excrété dans leur semence, durant plusieurs mois ou à vie, même en l’absence de signes cliniques [voir Artérite virale équine : une maladie qui passe souvent inaperçue]. 

 

Des recherches en génétique ont permis d’élucider ce phénomène : le gène CXCL16 code pour une protéine servant de récepteur au virus de l’AVE sur les lymphocytes CD3+. Cette protéine existe sous deux formes : EqCXCL16R et EqCXCL16S. La première ne permet pas la fixation du virus et empêche donc l’infection du lymphocyte par celui-ci, contrairement à la seconde.

 

Cette différence est le reflet de plusieurs mutations qui ont conduit à l’existence du gène  sous différentes formes, et donc à la synthèse de deux formes distinctes de la protéine. Les recherches ont mis en évidence que la forme CXCL16S est fortement associée à la persistance du virus dans l’appareil reproducteur des étalons.

 

Cette découverte a permis la mise au point d’un test génétique qui permet d’identifier les étalons génétiquement à risque avant toute infection ou vaccination, et d’identifier les chevaux prédisposés génétiquement à l’excrétion à long terme du virus dans le sperme.

Ouvrir la voie à une médecine personnalisée

« L’évolution croissante des avancées technologiques en génomique permettront, dans les prochaines années, d’aboutir à une médecine personnalisée. »

Par exemple, la pharmacogénomique permettra d’étudier l’influence des variations génétiques présentes dans le génome d’un individu sur la réponse à un traitement. Déjà utilisée en médecine humaine, elle reste à déployer chez le cheval.


L’étude du microbiote intestinal constitue une autre piste prometteuse. On sait déjà qu’en plus de jouer un rôle crucial dans les mécanismes de digestion, il participe à la santé globale chez le cheval. L’émergence des approches de métagénomique a déjà permis d’établir un profil « type » de microbiote de cheval sain à partir d’échantillons de fèces. Reste maintenant à explorer les changements de flore intestinale pour le diagnostic plus précoce des maladies infectieuses.

« L’évolution croissante des avancées technologiques en génomique permettront, dans les prochaines années, d’aboutir à une médecine personnalisée. »

Par exemple, la pharmacogénomique permettra d’étudier l’influence des variations génétiques présentes dans le génome d’un individu sur la réponse à un traitement. Déjà utilisée en médecine humaine, elle reste à déployer chez le cheval.


L’étude du microbiote intestinal constitue une autre piste prometteuse. On sait déjà qu’en plus de jouer un rôle crucial dans les mécanismes de digestion, il participe à la santé globale chez le cheval. L’émergence des approches de métagénomique a déjà permis d’établir un profil « type » de microbiote de cheval sain à partir d’échantillons de fèces. Reste maintenant à explorer les changements de flore intestinale pour le diagnostic plus précoce des maladies infectieuses.

LES SITES

Normandie Équine Vallée est un syndicat mixte, réunissant la Région Normandie et le Département du Calvados, qui a déployé un campus international sur deux sites : à Goustranville et à Saint-Contest (14).

 

Ces sites hébergent des chercheurs spécialisés dans la compréhension, la prévention, le diagnostic et le traitement des pathologies équines. Ils accueillent également des étudiants et des entreprises.

Vulgarisation scientifique : Orianne CHOLET [Normandie Équine Vallée], à partir des contributions scientifiques d’Élise ODEN [LABÉO] et de Margot COLIN [LABÉO].

Partenaires scientifiques :

Dans cette étude, la consanguinité a été calculée en remontant 8 générations en moyenne. Le taux de consanguinité moyen pour la population étudiée était de 2 %.

Les résultats montrent qu’à niveau génétique égal, plus un cheval est consanguin, plus on lui « donnera sa chance » de sortir dans une course à conditions, à réclamer ou à handicap, ce qui n’est pas le cas pour les courses de groupe : la consanguinité n’a aucun effet sur le fait de participer ou non à une course de groupe.

Être moyennement consanguin (entre 0,5 et 5 %) n’a aucun effet sur le gain, alors qu’être très consanguin (≥ 5 %) a un effet délétère mais modéré sur le gain.

‼️ La consanguinité n’augmente pas les chances de gagner.

Un modèle statistique a été utilisé pour analyser ces données fournies par France Galop et l’IFCE. Deux critères de performance ont été étudiés : le statut de sortie (variable définie sur toute la carrière : 1 si le cheval a couru au moins une fois, 0 sinon) et le gain monétaire.

Dans les courses hippiques, les sprinters excellent sur les courtes distances (< 1 600 m) en misant sur une vitesse explosive dès le départ, tandis que les stayers s’imposent sur les longues distances (> 2 400 m) grâce à leur endurance. Les milers, eux, se distinguent sur des distances intermédiaires, alliant vitesse et endurance.

Les résultats de l’étude montrent que le fait de sortir dans une distance donnée est très conditionné par la génétique (32 à 38 %) et l’entraîneur (25 à 37 %), ce qui signifie que les chevaux ont des prédispositions génétiques à être sprinter, miler ou stayer.

Concernant la réussite en course, évaluée à partir du gain, la part de génétique (héritabilité) impliquée est modérée. Cependant, la répétition des performances permet d’identifier plus précisément les meilleurs profils génétiques ; après plusieurs courses, la part de la génétique augmente, et sélectionner sur le gain devient donc pertinent. 

💡🐴 Les résultats montrent également que cette réussite repose sur des bases génétiques communes quelle que soit la distance. Par conséquent, un étalon qui produit des chevaux qui réussissent dans un type de distance produit aussi des chevaux performants dans les autres types de distance. Il existe donc des fondements génétiques communs pour l’aptitude à gagner quelle que soit la distance de la course.