Étude des principales causes d’avortement chez la jument

Chez la jument, un avortement soulève toujours de nombreuses questions : accident isolé ou menace infectieuse pour l’élevage ? L’analyse du fœtus et de ses annexes constitue une étape essentielle pour comprendre l’origine de l’avortement, prévenir d’éventuels risques sanitaires au sein de l’élevage et anticiper les répercussions sur la carrière reproductrice de la jument.

« Le taux d’avortement dans la population équine varie entre 7 % et 19 %. »

Les avortements ont un impact important dans l’élevage équin en raison des pertes économiques et/ou affectives qu’ils entraînent, mais aussi des risques sanitaires liés à une éventuelle cause infectieuse (risque de contagiosité) et de leurs conséquences sur la carrière reproductrice de la jument.

Le diagnostic étiologique, fondé sur l’autopsie du fœtus et de ses annexes ainsi que sur des prélèvements spécifiques et leurs analyses, doit être établi précocement. Il permet d’alerter en cas d’identification d’un agent pathogène contagieux pour renforcer les mesures sanitaires mises en place et ainsi protéger plus efficacement le reste de l’effectif. Les résultats permettent de mettre en place le traitement approprié pour la jument.

Les données d’autopsie collectées à l’échelle nationale par RESUMEQ (REseau national de SUrveillance des causes de Mortalité des EQuidés (laboratoires d’analyses, écoles et cliniques vétérinaires) et l’Anses permettent d’identifier les principales causes d’avortement chez la jument.

56 % des avortements sont d'origine infectieuse

25 % des avortements sont d'origine non-infectieuse

Parmi les causes non-infectieuses d’avortement, on distingue :

 

🔹les anomalies des annexes fœtales (torsion du cordon ombilical, hypoplasie des villosités, séparation prématurée du placenta ou hydropisie des enveloppes fœtales) ;

 

🔹les anomalies de gestation (gestation gémellaire (jumeaux) et gestation dans le corps placentaire) ;

 

🔹les anomalies fœtales (malformation congénitale) ;

 

🔹les causes d’origine maternelle (maladie chronique, intoxication ou pathologie utérine [kystes utérins, lésions cicatricielles endométriales, adhérences…]).

La longueur du cordon ombilical est un facteur de risque. Un cordon d’une longueur supérieure à 90 cm entraînerait un risque 6 fois supérieur de torsion.

« Lors d’avortement, l’autopsie du fœtus et de ses annexes est essentielle pour tenter d’en déterminer la cause ou d’éliminer les causes infectieuses les plus contagieuses pour l’effectif. Elle permet un diagnostic précoce pour alerter, protéger, et apporter des informations importantes pour le suivi gynécologique de la jument. »

Normandie Équine Vallée (Goustranville)

Expertise scientifique : Peggy MOREAU (Anses)

Vulgarisation : Orianne CHOLET (Normandie Équine Vallée)

Partenaires scientifiques :