Dourine, Surra, Nagana

Ces 3 maladies résultent d'une infection par un parasite du genre Trypanosoma

Pourquoi étudier cette maladie ?

L’appellation trypanosomoses équines regroupe trois pathologies causées par différents parasites du sous-genre Trypanozoon : le nagana (dont l’agent pathogène est Trypanosoma brucei brucei), le surra (T. b. evansi) et la dourine (T. b. equiperdum).

 

De par l’absence de vaccin et le manque d’efficacité des médicaments disponibles, ces maladies équines constituent un problème sanitaire majeur pour les zones endémiques et une problématique économique importante pour le commerce international des équidés. De plus, les parasites n’étant présents que transitoirement dans le sang des animaux infectés, les tests de détection des parasites, à l’aide de la microscopie ou de l’amplification de l’ADN génomique, manquent de sensibilité. Ainsi, le développement de tests de diagnostic abordables, sensibles et spécifiques est donc crucial pour assurer le contrôle de ces maladies.

 

Enfin, la considération en tant qu’espèces des Trypanozoon monomorphes (T. b. equiperdum et T. b. evansi) est remise en cause par les dernières études phylogénétiques.

Identifier de nouveaux outils de diagnostic de la dourine et du surra

par Mylène VERNEY

Dans le cadre de ces travaux de recherche, l’idée poursuivie est qu’une approche translationnelle permettra d’améliorer la compréhension des interactions entre les membres du sous-genre Trypanozoon et les maladies qu’ils provoquent, et de proposer des outils de diagnostic pour l’amélioration du contrôle et de la gestion des trypanosomoses équines à travers le monde.

Mylène VERNEY a effectué ses travaux de recherche au sein de l’unité PhEED hébergée dans les locaux de Normandie Equine Vallée à Goustranville.

Les travaux de recherche mené par Mylène ont permis de :

  • Caractériser les liens génétiques entre différentes souches de Trypanozoon monomorphes pour tenter de réconcilier : taxonomie des Trypanozoon monomorphes et maladies qu’ils causent,
  • Montrer que les mécanismes à l’origine de la perte de la capacité de différenciation étaient distincts entre différents clades de Trypanozoon monomorphes,
  • Montrer le potentiel prometteur du diagnostic des trypanosomoses équines par la détection de petits ARN sécrétés (les 7SL-sRNA) et
  • Développer un outil de diagnostic sérologique basé sur l’antigène GM6 avec la technologie xMAP® (Luminex®).

Une équipe de chercheurs a récemment montré que ces parasites sécrétaient des petits ARNs dans le sang de bovins infectés et a pu les amplifier grâce à une RT-qPCR en deux étapes. Ils ont ainsi montré que ces ARNs pouvaient servir de marqueur d’infection dont la technique de détection permettait de combiner les avantages des méthodes classiques de diagnostic sérologiques et moléculaires.


Ainsi, nous avons évalué la sensibilité et la spécificité de cette méthode de détection ainsi que la stabilité de ces ARNs chez les équidés infectés expérimentalement par Trypanosoma equiperdum. Nous avons pu détecter la présence de ces ARNs avant ou concomitamment à la visualisation des parasites en microscopie (entre 2 et 7 jours après l’infection) et avant la mise en place d’une réponse du système immunitaire détectable. Lors du traitement de l’animal, on a constaté une disparition rapide de ces ARNs dans le sang des animaux infectés. Nous avons également montré que ces ARNs sont très stables dans le temps suggérant qu’il n’est pas nécessaire de réfrigérer les échantillons de sérum avant l’analyse. Toutes ces données montrent que cette méthode innovante permet de détecter de manière sensible et spécifique une infection à Trypanosoma equiperdum.


En raison des appareillages nécessaires cette méthode de diagnostic reste à ce jour une technique de laboratoire mais le développement de tests immuno-chromatographiques à flux latéral (de type test de grossesse) utilisable sur le terrain pourrait constituer une évolution prometteuse pour le diagnostic des trypanosomoses.