Décrypter la génétique des performances chez le Pur-Sang
L’analyse de 101 882 courses sur 25 ans a permis d’explorer l’influence de la génétique sur les performances des chevaux de courses de galop de plat et d’analyser la diversité des carrières. L’objectif est de comprendre la transmission des aptitudes sportives et d’étudier une éventuelle prédisposition génétique à un type de carrière spécifique.
Un modèle statistique a été utilisé pour analyser ces données fournies par France Galop et l’IFCE. Deux critères de performance ont été étudiés : le statut de sortie (variable définie sur toute la carrière : 1 si le cheval a couru au moins une fois, 0 sinon) et le gain monétaire.
Dans les courses hippiques, les sprinters excellent sur les courtes distances (< 1 600 m) en misant sur une vitesse explosive dès le départ, tandis que les stayers s’imposent sur les longues distances (> 2 400 m) grâce à leur endurance. Les milers, eux, se distinguent sur des distances intermédiaires, alliant vitesse et endurance.
Y a-t-il des prédispositions génétiques différentes chez les sprinters, milers ou stayers ?
Les résultats de l’étude montrent que le fait de sortir dans une distance donnée est très conditionné par la génétique (32 à 38 %) et l’entraîneur (25 à 37 %), ce qui signifie que les chevaux ont des prédispositions génétiques à être sprinter, miler ou stayer.
Concernant la réussite en course, évaluée à partir du gain, la part de génétique (héritabilité) impliquée est modérée. Cependant, la répétition des performances permet d’identifier plus précisément les meilleurs profils génétiques ; après plusieurs courses, la part de la génétique augmente, et sélectionner sur le gain devient donc pertinent.
💡🐴 Les résultats montrent également que cette réussite repose sur des bases génétiques communes quelle que soit la distance. Par conséquent, un étalon qui produit des chevaux qui réussissent dans un type de distance produit aussi des chevaux performants dans les autres types de distance. Il existe donc des fondements génétiques communs pour l’aptitude à gagner quelle que soit la distance de la course.
Le système de sélection basé sur les courses de groupe est-il adapté ?
D’après les résultats, le fait de sortir dans un niveau donné est plus conditionné par la génétique que par l’entraîneur. Toutefois, les corrélations génétiques entre les gains montrent que l’aptitude à gagner en course de groupe et dans n’importe quelle autre catégorie correspond au même caractère génétique (corrélations proches de 1), ce qui permet d’affirmer que la réussite, quelle que soit la catégorie, repose sur des bases génétiques communes.
💡🐴 Le système de sélection sur les courses de groupe est efficace, car un étalon qui produit des chevaux performants dans un niveau donné produit des chevaux performants également dans les autres, même s’il ne permet pas à tous les chevaux de révéler leur potentiel (ex. chevaux spécialisés pour les courses à handicap).
Être consanguin est-il un avantage pour réussir en course ?
Dans cette étude, la consanguinité a été calculée en remontant 8 générations en moyenne. Le taux de consanguinité moyen pour la population étudiée était de 2 %.
Les résultats montrent qu’à niveau génétique égal, plus un cheval est consanguin, plus on lui « donnera sa chance » de sortir dans une course à conditions, à réclamer ou à handicap, ce qui n’est pas le cas pour les courses de groupe : la consanguinité n’a aucun effet sur le fait de participer ou non à une course de groupe.
Être moyennement consanguin (entre 0,5 et 5 %) n’a aucun effet sur le gain, alors qu’être très consanguin (≥ 5 %) a un effet délétère mais modéré sur le gain.
‼️ La consanguinité n’augmente pas les chances de gagner.
« Comprendre le mode de transmission des performances est nécessaire pour développer des indicateurs précoces qui permettront d’adapter la carrière et l’entraînement du cheval à ses capacités naturelles dès son plus jeune âge, et ainsi préserver sa santé et son bien-être tout au long de sa carrière sportive. »
Partenaires scientifiques :
Expertise scientifique : Anne RICARD (INRAE) et Suzanne HARARI (INRAE) – Vulgarisation scientifique : Orianne CHOLET (Normandie Équine Vallée).