Mon cheval tousse, et si c’était de l’ asthme ?
L’asthme équin est une affection fréquente, présentant plusieurs similitudes avec l’asthme humain. Il se caractérise par une inflammation pulmonaire et une bronchoconstriction. Sa prise en charge repose avant tout sur des mesures environnementales visant à limiter l’exposition aux allergènes contenus principalement dans la poussière.
L’asthme équin est une maladie inflammatoire pulmonaire chronique qui touche les chevaux adultes. Elle est déclenchée par l’inhalation d’allergènes environnementaux, principalement contenus dans la poussière, provoquant une inflammation pulmonaire et une obstruction des voies respiratoires.
La maladie se manifeste par de la toux, du jetage nasal et de l’intolérance à l’exercice, allant jusqu’à une détresse respiratoire au repos dans sa forme sévère.
« L’asthme est une réaction inadaptée du système immunitaire, face à des antigènes environnementaux qui sont inhalés. »
🔹Poser le diagnostic :
La cytologie du lavage broncho-alvéolaire constitue l’examen de référence pour juger de la sévérité et du type d’inflammation pulmonaire. Elle permet d’établir un diagnostic précis.
Une fois le type d’asthme diagnostiqué, la mise en place d’un traitement médical doit impérativement être combinée à une gestion rigoureuse de l’environnement. Cette approche globale est essentielle pour garantir la santé, le bien-être et les performances du cheval asthmatique.
« La prise en charge repose sur la réduction de l’exposition aux allergènes via des mesures environnementales. »
🔹Agir pour son cheval :
La prévention repose sur la diminution de l’exposition aux allergènes, en misant sur des mesures environnementales. Une médication, à base de corticostéroïdes et de bronchodilatateurs, peut aussi être mise en place au besoin. La mise au pâturage herbagé est à privilégier.
Les alternatives alimentaires sont la distribution de foin mouillé (45 min à 1 h), de foin étuvé, d’ensilage ou de fibres en pellets. Au box, une litière pauvre en poussières, comme les copeaux de bois ou de carton, est recommandée. Enfin, il est conseillé de ventiler au maximum les écuries.
Après la mise en place des mesures hygiéniques, les signes cliniques tendent à régresser en 1 à 2 semaines mais peuvent prendre jusqu’à 4 à 6 semaines.
Une maladie respiratoire multifactorielle
L’asthme équin est une maladie multifactorielle, dont les causes et les mécanismes ne sont pas totalement élucidés.
Cause avérée
✔️ Signes cliniques après inhalation d’allergènes environnementaux
Causes suspectées
• Composante allergique comme chez l’humain
• Prédisposition familiale/génétique
• Altération du microbiote pulmonaire caractérisée par un déséquilibre des communautés microbiennes.
Les recherches en cours
Les travaux de recherche actuellement en cours visent à mieux comprendre les mécanismes impliqués, ainsi que les facteurs stimulant ou aggravant la réaction asthmatique.
Pour cela, trois grandes orientations complémentaires sont étudiées :
❶ Permettre un meilleur diagnostic de l’asthme chez le cheval
→ Influence des modalités de prélèvements pulmonaires (volume, localisation [poumon droit ou gauche] etc.)
→ Identification de nouveaux biomarqueurs (par chimie fine) issus de prélèvements non invasifs
❷ Caractériser les facteurs de risque exogènes
→ Implication des agents infectieux aéroportés dans l’initiation et l’exacerbation de la réaction inflammatoire
→ Pertinence et efficacité d’alternatives environnementales et alimentaires pour la gestion de l’asthme
❸ Mieux comprendre la réaction inflammatoire/immunitaire dans l’asthme modéré à sévère
→ Identifier les molécules clés (cytokines, mucines) et leur implication dans la maladie
→ Évaluer la pertinence des vésicules extracellulaires comme vecteurs thérapeutiques
Vulgarisation scientifique : Orianne CHOLET [Normandie Équine Vallée], à partir des contributions scientifiques d’Estelle MANGUIN [Alfort Normandie] et d’Éric RICHARD [LABÉO].
Partenaires scientifiques :